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Vos déchets industriels ont une valeur marchande réelle. Carton, plastique, big bags, films étirables, ferraille — autant de matières que beaucoup d’entreprises paient à faire enlever, alors qu’un équipement adapté permet de les compacter, de les stocker proprement et de les revendre à des recycleurs agréés. Ce guide vous explique comment structurer cette démarche, de A à Z.

1. Pourquoi valoriser ses déchets industriels ?

La gestion des déchets représente un poste de coût souvent sous-estimé. Entre les rotations de benne, les prestataires d’enlèvement et le temps consacré au tri, la facture annuelle peut atteindre plusieurs milliers d’euros pour une PME moyenne. La valorisation permet d’inverser partiellement cette équation.

Les deux leviers économiques

Réduction des coûts d’enlèvement : un compacteur réduit le volume des déchets de 70 à 90 % selon la matière. Concrètement, là où une entreprise faisait enlever une benne toutes les semaines, elle n’en a plus besoin que deux fois par mois. À 150-250 € la rotation, l’économie est immédiate.

Revenus de revente : les balles compactées ont une valeur marchande pour les recycleurs. Cette valeur fluctue selon les cours mondiaux des matières premières secondaires, mais elle est structurellement positive pour le carton, le plastique propre et les métaux.

💡 Ordre de grandeur

Une balle de carton de 400 kg se revend entre 40 et 80 € selon les cours. Une entreprise produisant 2 tonnes de carton par mois peut récupérer jusqu’à 400 €/mois tout en réduisant de 80 % ses rotations de benne — soit une économie logistique supplémentaire de 300 à 500 € par mois.

  • Réduction directe des coûts d’enlèvement
  • Revenus de revente des balles compactées
  • Conformité aux obligations légales (loi AGEC, directive européenne déchets)
  • Optimisation de l’espace de stockage
  • Amélioration des indicateurs RSE et bilan carbone

2. Ce que dit la réglementation

Depuis la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) de 2020 et ses décrets d’application, les entreprises sont de plus en plus encadrées dans leur gestion des déchets. Voici les points essentiels à connaître.

Obligations de tri à la source

Depuis le 1er janvier 2022, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, ont l’obligation de trier à la source les 5 flux de déchets suivants : papier/carton, métal, plastique, verre, bois. Ces flux doivent faire l’objet d’une collecte séparée ou être orientés vers une filière de valorisation.

Traçabilité des déchets

Pour les déchets non dangereux (carton, plastique standard), il faut tenir un registre de sortie mentionnant la nature, la quantité et le destinataire. Pour les déchets dangereux (huiles, solvants, certains plastiques), un bordereau de suivi des déchets (BSD) est obligatoire.

📌 À retenir

En tant que producteur de déchets, vous n’avez pas besoin d’agrément pour revendre vos propres matières à un recycleur. C’est le repreneur qui doit être enregistré. Votre seule obligation est la traçabilité documentaire.

3. Quelle valeur pour chaque matière ?

Les cours de rachat des matières recyclables sont variables et dépendent des marchés internationaux. Voici les grandes tendances à connaître pour orienter votre stratégie de tri.

Carton et papier

Le carton ondulé (OCC — Old Corrugated Containers) est la matière la plus courante et la plus facilement revendable. Son cours varie entre 30 et 100 €/tonne selon la conjoncture. Les conditions pour obtenir le meilleur prix : balles denses, matière sèche, sans souillures et sans mélange avec du papier blanc.

Plastiques souples (films, big bags)

Films d’emballage PE, sacs, films étirables — ces matières très légères occupent un volume considérable. Le cours de rachat est plus faible que le carton (10 à 40 €/tonne) mais leur compactage est particulièrement rentable en termes de réduction de volume. Les big bags vides propres ont une valeur supérieure.

Plastiques rigides (PEHD, PET, PP)

Flacons, bidons, caisses — leur valeur est significativement plus élevée que les films (100 à 300 €/tonne pour le PEHD propre) mais ils nécessitent un tri rigoureux par type de résine. Un mélange de plastiques rigides se revend beaucoup moins bien qu’une matière triée.

Métaux et ferraille

L’acier, l’aluminium et le cuivre ont des valeurs de revente élevées et stables. L’aluminium se revend notamment 1 000 à 2 000 €/tonne. Ces matières ne nécessitent pas de compacteur mais un stockage organisé et un partenariat avec une ferraillerie agréée.
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Tableau visuel des cours moyens par matière — infographie simple et claire